Le DLI,
C’est pourquoi?
C’est pour qui?

À Saint-Josse-ten-Noode, la forte pression démographique, la précarité socio-économique marquée, la diversité culturelle importante, ainsi que la rareté des espaces verts et de respiration, renforcent la nécessité d’agir en faveur d’une ville plus inclusive, apaisée et solidaire. Dans ce contexte, les questions de cohabitation des usages, d’accès à un logement de qualité, de lutte contre l’isolement, d’adaptation aux épisodes climatiques extrêmes (îlots de chaleur, fortes pluies), de propreté et de sécurité ressentie, sont au cœur des préoccupations des habitant·es. L’espace public devient un lieu stratégique : à la fois espace de tensions potentielles, mais aussi levier majeur de rencontre, de dialogue interculturel et de reconstruction du lien social.

Le DLI constitue un dispositif d’appui et de mise en mouvement des dynamiques citoyennes locales. Il vise à soutenir, impulser, accompagner ou mettre en réseau des initiatives portées par les habitant·es :

*En facilitant (impulser, accompagner, pérenniser, mettre en réseau) la mise en place de projets individuels ou collectifs portés par les habitant·es visant à améliorer le cadre de vie, à s’approprier l’espace public de manière positive et à créer des liens.

*En développant des activités et projets propres à l’association qui alimentent la capacité d’intervention des habitant.e.s.

*En promouvant auprès des habitant·es et groupes d’habitant·es les espaces de participation existants (commissions de quartier, assemblées générales, groupes de travail des contrats de quartiers durables et de rénovation urbaine, enquêtes publiques, commissions consultatives, interpellations citoyennes, appels à projets, etc).

Le travail interassociatif

C’est une grande richesse ; il permet d’adresser des enjeux larges de cohésion sociale, d’interculturalité, etc, en multipliant les regards et les expertises ; ainsi, participer aux groupes de travail découlant du diagnostic communautaire permet par exemple d’enrichir la dynamique d’un regard plus centré sur la ville, le droit à la ville, les aménagements, les politiques urbaines. L’année 2025 a été marquée par de nouvelles collaborations avec des acteurs du quartier nord, parfois un peu délaissés tant le tissu associatif est déjà riche de l’autre côté de la colline.

Soutenir les projets des habitant.e.s et les dynamiques locales

Les habitant.e.s viennent vers nous pour des informations, ou un soutien et un accompagnement au développement de leurs projets d’amélioration du cadre de vie ; nous intervenons également dans l’impulsion, la facilitation et la pérennisation de projets, via des contacts ciblés, des actions en rue, des mises en lien et en réseau, ou le relais des appels à projets. Les activités « prétexte » organisées dans nos locaux (projections, fêtes de saison, bourses aux graines et aux plantes, auberges espagnoles, conférences gesticulées, soirée de sensibilisation, cuisines de quartier, jam, concert, groupe de parole…) sont aussi l’occasion de réunir les habitant·es et d’instaurer un dialogue menant parfois à des mises en lien et à des initiatives concrètes.

Le DLI s’implique en parallèle dans le développement de projets propres à l’asbl visant à créer des espaces d’action et de possibles dans l’espace public, notamment les projets soutenus via l’appel à projets de Bruxelles Mobilité (Bruxelles en Vacances, voir une partie dédiée du rapport), la thématique transversale de l’eau, la journée sans voiture, et les fêtes saisonnières (voir plus bas « Résultats »).

L’eau

A partir de fin 2024, et suite à une discussion avec une maison de santé, le choix a été fait d’utiliser un thème transversal aux différentes missions de Fabrik. Pendant un an, minimum, la thématique de l’eau est mise à l’honneur : l’eau dans l’habitat. Celle dont on a besoin ; l’eau potable, l’eau de pluie que l’on récupère ou encore l’eau dans les radiateurs. Mais aussi celle que l’on craint : l’eau qui s’infiltre dans nos murs, l’humidité qui nous fait vivre un enfer, l’eau qui fuit, les factures qui gonflent, ou encore l’eau qui rentre dans les caves lors de fortes pluies. Au fil des saisons, différents sujet ont été visibilisés. L’équipe du conseil en rénovation et énergie prend ce sujet par le bout du logement, et le pôle DLI le décline au niveau du quartier. Cela se concrétise en un programme de séances d’information sur la GIEP et le contexte tennoodois, ciné-débats, balades exploratoires, pêche aux canards informative et ludique, histoire du maelbeek, ateliers et sensibilisation aux impacts sur la santé. L’équipe prévoit de remettre cette thématique à l’honneur chaque année autour des journées bruxelloises de l’eau.

La végétalisation

Le focus sur les actions de végétalisation est évidemment toujours présent car en plus de ses nombreux impacts directs (environnementaux, sociaux, sur la santé, le cadre de vie…), c’est aussi un bon levier pour envisager et répondre à d’autres enjeux : mobilité, propreté, cohésion sociale, sécurité, appropriation de l’espace public, dynamique de rue… Il existe une envie réelle des habitant·e·s de prendre soin de leur quartier, notamment en le végétalisant, en soignant les pieds d’arbres et autres espaces interstitiels, malgré le contexte urbain étant source de nombreux obstacles à la réussite, à l’impact, à la durabilité de ces actions. Fabrik est identifié dans le quartier et plus loin comme un lieu-ressource pour les projets en lien avec la nature en ville, et se réjouit de pouvoir contribuer aux réflexions et mises en réseau sur ce thème.

Le Jardin Ouvert, initié par Fabrik il y a plusieurs années, est parvenu à se maintenir malgré l’absence de soutien financier ! La communauté locale qui l’entoure se maintient et l’accompagnement des guides potagers est précieux. Ce lieu de rencontres et d’apprentissages est un important vecteur de bien-être social, physique et mental. L’ambition de l’année était de développer l’ouverture du jardin en incluant des partenaires supplémentaires. C’est chose faite ! De mois en mois,  les nouveaux partenariats se sont tissés, de nouvelles personnes du quartier viennent y jardiner. La demande actuelle, que nous mettons à l’agenda pour 2026, est la concrétisation d’une carte des espaces verts du quartier (souvent cachés, ou accessibles sous conditions) où il est possible de jardiner, s’impliquer, développer sa main verte.