*** Chapitre 4 : Les poumons de Mo 🌬️🏡 ***

Mila sort de chez le médecin.
À Bruxelles, une grippe se promène de classe en classe… et elle l’a choisie 🤧
Son corps est fatigué.
Sa tête est lourde.
Et son cœur est un peu froissé de ne pas pouvoir aller à l’école retrouver ses amis 💔
Heureusement, elle va passer la journée chez sa grand-mère.
Et chez sa grand-mère, il y a Mo 🏡✨
À peine arrivée, après un bisou rapide à sa maman, Mila entre doucement dans le salon.
Elle attrape la couverture bleue, celle qui l’attend toujours sur l’accoudoir du canapé.
Elle s’enroule dedans comme une chenille dans son cocon 🐛
et se glisse au fond du divan.
Quelques minutes plus tard, sa grand-mère s’assied près d’elle.
— Tu te sens très mal, Mila ?
— Oui… et je suis en colère 😠
— En colère ?
— Je fais pourtant tout bien ! Je mets mon bonnet 🧣, mon écharpe, je ferme mon manteau, je bois du lait avec du miel 🍯, je mange ma soupe 🥣 et même des légumes 🥕… Et malgré tout, je suis malade. Ce n’est pas juste.
Sa grand-mère lui caresse les cheveux
— Être malade ne veut pas dire que tu as mal fait les choses. Les virus sont minuscules, invisibles, et ils voyagent dans l’air 🌫️
— Dans l’air ?
— Oui. Quand une personne tousse ou éternue, de toutes petites gouttes partent dans l’air. Si l’air ne circule pas bien, ces microbes peuvent rester en suspension. Et quand on respire cet air, ils peuvent entrer dans notre corps.
Mila fronce les sourcils.
— Alors je vais vous contaminer, toi et Mo ? 😟
Sa grand-mère sourit doucement.
— Mo a des poumons extraordinaires 🌬️✨
Mila sort le nez de sa couverture.
— Mo a des poumons ?
— D’une certaine manière, oui. Dans les maisons modernes comme ici, il y a un système de ventilation. On l’appelle ventilation mécanique contrôlée, ou VMC.
Comme nos poumons, il fait entrer de l’air frais et fait sortir l’air usé.
— Comment elle fait, si elle n’a pas de nez ?
— Elle a de petites grilles au-dessus des fenêtres. Par là, elle inspire l’air de dehors 🌤️
Puis elle le fait circuler doucement dans toute la maison.
Et dans la cuisine et la salle de bain, elle expire l’air chargé d’humidité et de microbes.
— Elle respire tout le temps ?
— Tout le temps. Jour et nuit 🌙☀️
Grâce à cela, l’air de la maison est complètement renouvelé environ toutes les deux heures.
Mila ouvre grand les yeux 👀
— Donc l’air voyage dans toute la maison ?
— Oui. Il entre par les pièces où l’on vit — le salon, les chambres —
puis il traverse les couloirs
et repart par les pièces où l’air est plus humide.
— Mais pourquoi je n’ai pas froid, alors ? Chez moi, quand maman ouvre la fenêtre, mes dessins s’envolent ! 🌬️📄
Sa grand-mère rit doucement
— Quand on ouvre grand une fenêtre, beaucoup d’air entre d’un coup. Cela crée un courant d’air rapide, et notre peau ressent du froid.
Mo, elle, laisse entrer l’air petit à petit.
Juste ce qu’il faut.
L’air avance lentement, comme une rivière tranquille 🌊
On ne le voit pas.
On ne le sent presque pas.
Mais il est là.
Mila ferme les yeux un instant.
Elle imagine des rubans d’air clair qui entrent doucement dans la maison 💙
glissent le long des murs,
soulèvent la poussière invisible,
et l’emportent dehors.
— Alors… même si je suis malade, l’air ne reste pas coincé avec mes microbes ?
— Exactement.
Mo nous aide à respirer un air plus sain 🍃
Bien sûr, on continue à se laver les mains 🧼 et à tousser dans son coude.
Mais grâce à elle, les microbes ont moins de chances de rester avec nous.
Mila réfléchit… 🤔
Puis son visage s’éclaire ✨
— Mo est comme une grande gardienne invisible.
Elle respire pour nous aider à mieux respirer.
Sa grand-mère embrasse son front chaud 💕
Mila se blottit un peu plus profondément dans sa couverture.
Dans la maison, l’air circule doucement.
Invisible.
Patient.
Protecteur 🌬️🏡✨
Et pour la première fois de la journée, Mila se sent un peu plus légère 💙






